MPLS : la pierre angulaire de la qualité de service sur
Internet
Dépassant sa fonction première d'optimisation du trafic,
le MPLS permet une vraie qualité de service, pour la vidéo,
la VoIP ou la vidéo à la demande.
Patrick Brébion ,
Décision Informatique,
le 30/12/2004 à 07h00
Initié par l'IETF en 1997, afin
d'optimiser le trafic des flux IP, le MPLS
(MultiProtocol Label Switching)
a été conçu, dès le départ, pour
rester indépendant des technologies réseaux (ATM, Frame
Relay, Ethernet, etc.). Principalement utilisé par les
opérateurs sur leur réseau, MPLS leur permet de définir
différentes classes de service selon l'origine des flux,
leur nature ou leur niveau de priorité.
Ce protocole exploite les classes
de service DiffServ (différenciation de services). MPLS se
concrétise par l'ajout d'une étiquette sur chaque paquet IP,
également appelée label ou tag, encapsulée dans l'entête de
niveau 2 et identifiant le chemin à suivre (appelé aussi
Label Switch Path) dans le réseau.
Dans le respect de la valeur des labels
Ces labels sont affectés par des
routeurs de périphérie, appelés Label Edge Router (LER), dès
l'entrée du paquet sur le réseau MPLS, et retirés à la
sortie de ce même réseau par un autre LER. À l'intérieur du
réseau, des routeurs de commutation de labels (LSR)
transmettent les paquets, en respectant la valeur des
labels. Le routage s'effectue selon des classes
d'équivalence (Forward Equivalence Class, FEC), associées à
un ensemble de paquets qui ont les mêmes propriétés (classe
de service, adresse de destination, etc.). Ainsi, tous les
paquets partageant une même FEC empruntent le même chemin
(LSR et LER de sortie) avec un niveau de priorité identique.
Contrairement aux algorithmes de
routage classiques, ce cheminement permet d'optimiser la
gestion des flux. Différents protocoles sont utilisés pour
distribuer ces références : des labels de signalisation,
comme le Label Distributed
Protocol (LDP, défini et
soutenu par l'IETF), le RSVP ou encore des protocoles de
routage (BGP ou OSPF). L'utilisation de ces divers
protocoles peut générer des incompatibilités entre les
différents matériels. À terme, le MPLS devrait s'imposer en
tant que protocole gérant la QoS. L'attribution de classes
de service permet déjà, par exemple, d'acheminer plus
rapidement les flux extranet ou Internet, selon les besoins.
D'autres protocoles à venir
Mais le véritable défi technique à
venir porte sur les marchés émergents de la vidéo, de la
VoIP et de la vidéo à la demande, des technologies déjà
intégrées dans les offres
« triple play » des
opérateurs. Pour répondre à ces nouveaux besoins, les
constructeurs travaillent à la mise au point de protocoles,
comme PIM ou MLD, pour gérer le multicast sur MPLS. Avec le
risque de multiplier le nombre de protocoles à gérer et,
donc, d'augmenter la charge pour les routeurs.
L'étiquette de 32 bits ajoutée à chaque paquet IP
comprend quatre champs. Le premier correspond à la
valeur du label. Le second (Exp. bits) définit les
classes de service. Le troisième (BS) de 1 bit indique
si le paquet se trouve en bas de la pile d'étiquettes.
Le dernier correspond au TTL.
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