Sauvegarde en ligne, le passage à l'âge adulte
D'un coût en baisse, l'offre du marché a gagné en maturité et
en sécurité, ce qui rend de plus en plus crédible une
externalisation complète de la sauvegarde.
Patrick Brébion ,
Décision Informatique,
le 03/12/2004 à 07h00
Les raisons d'externaliser la sauvegarde
sont toujours davantage d'actualité pour les entreprises. Du
côté pile, on peut citer pêle-mêle le besoin de maîtriser les
coûts ; la charge de travail pour suivre les évolutions
technologiques (mise à jour des logiciels, OS et matériels) ; la
difficulté pour sauvegarder les postes des travailleurs
itinérants ; le rétrécissement des fenêtres de sauvegarde... Du
côté face, une offre de moins en moins chère et de plus en plus
aboutie ; les nouvelles lois sur la dématérialisation (facture
numérique...) ; la baisse du coût et la disponibilité de l'ADSL...
Autant de raisons pour se décider.
Une ligne ADSL avec un débit garanti de
512 kbit/s permet de sauvegarder jusqu'à 1 Go de données en
quatre heures. Grâce aux technologies de sauvegarde
incrémentales, ce gigaoctet correspond, par exemple, aux
modifications générées quotidiennement par quelques dizaines de
postes de travail sur des serveurs de fichiers pour un volume
total de 50 Go d'informations. Et l'offre des nombreux acteurs
du marché a gagné en maturité sur tous les plans.
Bénéficier de techniques de stockage performantes
Techniquement, les offres reposent sur
l'hébergement de contenu dans un centre de données, sur des
logiciels clients et agents, dédiés à la restauration et à la
planification des sauvegardes, et sur des rapports d'activité
destinés aux administrateurs. Une assistance téléphonique
complète les solutions. Les opérations sont sécurisées, dans la
plupart des cas, par le chiffrement des données en SSL 128 bits,
et les clients sont authentifiés par des clés.
Grâce à la mutualisation des coûts
matériels et à l'optimisation des ressources (administration,
occupation des espaces disques...), les centres d'hébergement de
données bénéficient, souvent, de technologies performantes.
Ainsi, dans l'offre d'AGS Soft, les données sont stockées sur
des serveurs de stockage de dernière génération, les FASt T600,
dans le centre de données d'IBM à Montpellier.
Pour sa part, l'architecture de Colt
Telecom repose sur des armoires de stockage Fibre Channel d'EMC.
Ces sites sont également censés être sécurisés contre les
incidents comme le feu, les cambriolages... Le centre d'IBM est
l'un des dix centres les plus sécurisés en France. Et chez la
plupart des prestataires de services, les données sont
sauvegardées sur au moins deux sites distincts.
Les logiciels permettant le paramétrage
des sauvegardes et la restauration des données en ligne ont
étendu leur plage de fonctionnalités et ont amélioré leur
ergonomie. La version 2 de Sauvegardeonline, édité par BUSS,
permet à l'utilisateur de repérer facilement les fichiers
supprimés par erreur sur son poste ou sur son serveur grâce à un
code couleur.
L'offre commercialisée par Atemporis et
AGS Soft, partenaires de Selected, permet classiquement de
restaurer les données à partir d'un logiciel client, mais aussi
à partir d'un simple navigateur. Déléguer les opérations de
restauration aux utilisateurs devient possible sans avoir à les
former au logiciel.
Pour sélectionner une offre, les
premiers critères sont, bien sûr, techniques (volume à
sauvegarder...), et financiers. Les prestataires facturent le
plus souvent au gigaoctet et prévoient un nombre garanti (de 1 à
6) de versions de fichiers. Mais indépendamment de ces
questions, l'essentiel consiste à se demander ce qui se passe en
cas de problème.
Savoir qui fait quoi
D'abord, il demeure intéressant de
savoir qui fait quoi. Avec des équipes souvent constituées d'une
dizaine de personnes, les prestataires ne sont là que pour
commercialiser des solutions techniques déjà existantes. Savoir
où se situent les serveurs et qui les administre peut, entre
autres, éviter d'éventuels problèmes linguistiques ! Partenaire
de Selected, AGS Soft administre lui-même ses serveurs localisés
dans le centre d'IBM à Montpellier.
Également fondée sur Selected, l'offre
commercialisée par Atemporis héberge les données à Paris et en
Angleterre. BUSS a opté de son côté pour le centre de Colt
Telecom, basé à Paris, en tant que site primaire, et pour celui
de RedBus, installé à Courbevoie, en tant que site miroir.
Attention aux clauses du contrat
Il reste à vérifier ce que prévoit le
contrat surtout en ce qui concerne la récupération des données.
Pour certaines entreprises, prévoir un délai maximal pour la
restitution des données en cas de sinistre est impératif. Chez
Adhersis, le contrat de base ne prévoit pas de délai maximal,
hors option.
Les prestataires se différencient
également sur la clause portant sur l'obligation de moyens
(BUSS...) ou de résultat (Backup Avenue, Adhersis...). En
d'autres termes, sur la garantie de restitution des données ou
sur la garantie des moyens mis en oeuvre pour les sauvegarder.
Si l'obligation de résultat reste plus attrayante, elle se
traduit dans les faits par une assurance contractée par le
prestataire, sachant que les moyens techniques déployés par les
différents acteurs sont du même ordre.
Par exemple,
« Backup Avenue est assuré jusqu'à
6 millions d'euros », précise
Frankie Sfez, ingénieur commercial. Sur le terrain, les
prestations semblent satisfaire les clients.
« Le coût de la solution interne est
comparable à celui du prestataire, de l'ordre de 2 à 300 euros
parmois selon le volume des données »,
renchérit Bernard Chassang, responsable
informatique de la société Harte-Hanks Market Intelligence.
Satisfait du service offert, il a d'ailleurs décidé d'étendre
cette externalisation à d'autres services.
Même son de cloche positif du côté de
Techcity, qui assure l'assistance téléphonique de Backup Avenue.
D'après Franck Bégat, directeur clientèle assistance
téléphonique, « la plupart des
problèmes de sauvegarde portent sur des postes éteints pendant
les opérations ».
Sensibiliser les utilisateurs
Quelques bémols subsistent malgré tout.
Parmi les problèmes liés à l'externalisation, l'obligation dans
la plupart des contrats d'un délai de rétention a des
conséquences inattendues. Ce délai contraint le prestataire à
garder des données, des fichiers par exemple, pendant une
période définie après la disparition de ces données sur les
serveurs ou les postes de travail du client.
Les autres données
« vivantes »
sont sauvegardées avec le nombre de
versions contractuellement prévues. Ce délai de rétention permet
au client de restaurer ses fichiers en cas de destruction ou de
perte accidentelle. Par exemple, si un utilisateur crée ou
renomme une copie d'un dossier pour des besoins temporaires et
le supprime le lendemain, ce dossier sera gardé trois mois chez
le prestataire. Ce qui peut augmenter de façon sensible le
volume à sauvegarder. Pour répondre à ce genre de problématique,
les prestataires ou les services d'assistance téléphonique
proposent des services de conseil.
Quelques acteurs sur le marché de la sauvegarde en ligne