Comment ça marche : les formats vidéo
Qu'il s'agisse de transférer un film sur PC, ou une fois le
montage effectué, de graver un DVD ou de le diffuser sur le Net,
on se heurte souvent au choix du format.
Édouard Maire ,
Photo & Vidéo Numérique,
le 24/11/2004 à 07h00
Le caméscope numérique a évolué de façon
phénoménale en dix ans à peine. L'amateur peut désormais choisir
entre trois formats d'enregistrement et trois supports : le DV
sur cassette, le MPeg-2 sur DVD et le MPeg-4 sur carte mémoire.
Chaque format possède ses avantages et ses inconvénients.
Certains privilégient la qualité
d'image quand d'autres offrent la compatibilité du support. Nous
verrons que certains formats sont aussi recommandables pour
l'enregistrement que pour la diffusion.
Les formats d'entrée
Filmer en DV : pour la qualité
d'image
Le DV est le format d'enregistrement le
plus répandu car il équipe tous les caméscopes numériques à
cassette depuis quelques années. Lancé en 1995, le DV tient sa
grande force de sa qualité d'image, inégalée sur le marché grand
public, et de sa compatibilité avec les ordinateurs via la prise
FireWire. Abréviation de Digital
Video , le DV enregistre une
information vidéo de premier choix qui garantit une qualité
d'entrée idéale pour une transformation ultérieure en format
MPeg ou DivX.
La qualité de diffusion sur un
téléviseur à tube 4/3 est excellente. Mais la qualité d'image
d'un caméscope ne se résume pas à son processeur d'encodage DV.
Selon la qualité de l'optique et du capteur CCD, le rendu final
des couleurs et de la précision d'un caméscope ne sera pas le
même. Ainsi, un Panasonic NV-GS400 (2 000 euros) délivre une
image plus piquée et des couleurs plus fidèles qu'un Samsung
VP-D101 (450 euros), alors que leur format d'enregistrement et
leur définition sont identiques.
A savoir
Evitez certaines fonctions de votre
caméscope qui contribuent à dégrader l'image plutôt qu'à
l'embellir. C'est le cas du zoom numérique qui grossit les
pixels de l'image et du mode Nuit d'obturation lente qui
saccade l'image et la passe en noir et blanc sous prétexte
de la rendre plus claire.
Le format DV
, le plus couramment utilisé par les
caméscopes numériques, reste le mieux adapté pour obtenir la
meilleure qualité d'image. Il sera temps, ensuite, de
changer de format sur ordinateur, selon l'utilisation que
l'on escompte faire de son film.
Capturer de l'analogique : pour
numériser ses vieux films
Vous pouvez numériser d'anciennes
cassettes VHS, 8 mm ou Hi8 pour les traiter sur ordinateur et
les stocker ensuite sur CD ou DVD. La première méthode consiste
à utiliser un caméscope DV muni d'une entrée analogique sur
lequel vous branchez votre ancien caméscope Hi8 via un câble
analogique. La notice vous explique comment lancer
l'enregistrement du caméscope DV (un bouton d'enregistrement
spécifique sur le boîtier est souvent prévu). Le film analogique
est alors numérisé sur la cassette DV.
La seconde méthode consiste à brancher
directement le magnétoscope VHS ou le caméscope Hi8 sur
l'ordinateur en utilisant soit une carte d'acquisition
analogique interne, soit un boîtier externe, ce qui est le plus
simple. Ces boîtiers se connectent sur la prise USB 2.0,
compressent la vidéo directement en MPeg-1 ou en MPeg-2 pour un
stockage ultérieur sur CD ou DVD, et coûtent moins de 100 euros.
Seuls bémols : la numérisation d'un
film VHS ou Hi8 occasionne une légère dégradation de l'image. La
numérisation d'une vidéo Secam (le standard TV en France)
s'affiche en noir et blanc avec un logiciel d'acquisition en
Pal. Heureusement, les boîtiers d'acquisition actuels commutent
tous en Secam. Il faut juste le spécifier dans les paramètres
d'acquisition...
A savoir
Préférez le transfert analogique
via la prise S-Vidéo (mini-Din 4 broches) plutôt que la
Composite (RCA jaune). Vous obtiendrez une meilleure qualité
d'image grâce à un traitement séparé des signaux de
luminance (noir et blanc) et de chrominance (couleurs).
Pour numériser un film enregistré
en analogique, vous pouvez utiliser un boîtier externe, tel
le DVC90 de Dazzle qui se branche d'un côté sur le caméscope
analogique (ou un magnétoscope) et de l'autre sur un PC.
L'enregistrement s'effectue directement au format MPeg-1 ou
MPeg-2.
Filmer en MPeg-2 : pour l'aspect
pratique
Le format MPeg-2 est aujourd'hui
présent sur une génération innovante de caméscopes numériques.
Sony l'utilise pour ses modèles MicroMV et l'a plus récemment
développé pour ses caméscopes DVD. De leur côté, Panasonic et
JVC ont choisi d'intégrer du MPeg-2 dans des caméscopes à carte
mémoire.
Pourquoi un tel engouement pour le
MPeg-2 ? Primo, sa qualité d'image est identique au DV, mais
avec un poids de fichier deux fois moins lourd. Cela ouvre la
voie à de nouveaux supports d'enregistrement pour le caméscope,
comme le DVD et la carte mémoire. Secundo, chaque clip MPeg
étant un fichier indépendant, on manipule ses vidéos très
facilement.
Ainsi, le caméscope MPeg-2 permet de
visionner un clip instantanément par un système de vignettes qui
s'affichent sur l'écran LCD. C'est le cas des caméscopes DVD qui
présentent tout le contenu du disque avec une vignette pour
chaque séquence. Le format MPeg-2 travaillant par groupe de
douze images, il est en effet difficile de faire un montage
précis à l'image près. De plus, les logiciels de montage
compatibles avec les caméscopes à carte et les caméscopes DVD
sont quasiment inexistants. Bref, le caméscope MPeg-2 est pour
l'instant destiné aux personnes qui se limitent aux prises de
vues.
A savoir
le MPeg-2 du caméscope JVC GR-PD1
(version européenne du GR-HD1) a beau bénéficier d'une
précision d'image remarquable, son encodage non-standard le
rend incompatible avec tous les logiciels de montage
classique. Pour un appareil à 4 000 euros, c'est un défaut
inacceptable.
Filmer en MPeg-4 : pour de petits
souvenirs
Le troisième format d'enregistrement
sur les caméscopes est le MPeg-4. Sa définition, sa cadence
d'images et son débit sont totalement paramétrables avec un
rapport qualité/poids très avantageux. On trouve le MPeg-4 sur
les caméscopes enregistrant exclusivement sur carte mémoire,
mais aussi sur les caméscopes DV assortis d'un mode photo sur
carte.
Dans le premier cas, l'image atteint au
mieux une définition de 640 x 480 pixels, ce qui est inférieur
au DV et au MPeg-2. La compression est si forte que les pixels
sont visibles et rendent l'image très médiocre sur un
téléviseur. Pour exemple, le Sanyo Xacti C1, qui est le meilleur
caméscope MPeg-4 du marché, restitue une qualité semblable à une
mauvaise VHS. Et comme la carte mémoire est de faible capacité
(16 à 128 Mo), la durée d'enregistrement ne dépasse pas quelques
minutes.
Bref, le caméscope MPeg-4 est encore un
gadget qui ne trouve son utilité que pour de petits souvenirs en
vidéo. C'est pourquoi on le trouve intégré dans la plupart des
appareils photo numériques.
A savoir
Lle MPeg-4 est un encodeur capable
de fort bonnes choses. Si son débit et sa définition sont
correctement paramétrés, on obtient une qualité d'image
équivalente, voire supérieure au DV. Ce n'est pas un hasard
si le MPeg-4 est en lice pour la diffusion des chaînes
télévisées haute définition.
Les formats de sortie
Rester en DV : pour faire un master
Le format DV restitue une qualité image
si correcte qu'on hésite souvent à le convertir. C'est pourquoi
de nombreuses personnes exportent leur film monté soit sur la
cassette miniDV de leur caméscope, soit en créant un fichier DV
sur leur disque dur pour ne pas perdre une miette de qualité.
Dans le premier cas, le caméscope doit
absolument posséder une entrée DV. Celle-ci transforme le
caméscope en véritable magnétoscope numérique et lui permet
d'enregistrer un film provenant de l'ordinateur. La procédure
est simple. Vous branchez le caméscope sur la prise FireWire de
votre PC (ou de votre Mac), puis vous sélectionnez l'option
Exporter sur cassette dans votre logiciel de montage. Le
caméscope se met automatiquement en mode d'enregistrement et le
film se transfère tranquillement sur la bande en temps réel.
Le fait de stocker la version finale
d'un film sur cassette DV est rentable à bien des égards. Non
seulement la qualité d'image native est préservée à long terme,
mais une cassette miniDV est peu coûteuse (10 euros l'unité) et
ne « plante » pas ! Les risques de perte des données sont donc
minimes.
Si votre caméscope ne possède pas
d'entrée DV (juste une sortie) et que vous souhaitez conserver
la qualité intacte, l'autre solution est d'exporter votre film
sur le disque dur en créant un fichier DV. La manoeuvre est
aussi simple : une fois le montage achevé, sélectionnez DV Pal
non compressé. L'ordinateur va alors calculer tous les effets du
film (transitions, retouche colorimétrique, titres) et créer un
fichier vidéo en DV à l'endroit que vous avez spécifié.
L'inconvénient est qu'un fichier DV
pèse très lourd en mémoire : 2 Go pour 10 minutes. Sachant que
vos rushes occupent déjà une place importante, la création d'un
film DV risque de saturer le disque dur assez rapidement.
Néanmoins, conserver un master de ses
films sur disque dur permet de les avoir toujours à portée de la
souris et de les utiliser à tout moment pour une conversion. En
effet, l'archivage en DV ne vise pas une diffusion directe car
vous n'allez pas montrer votre vidéo à vos amis sur un écran de
PC. C'est une solution plutôt temporaire qui précède
généralement une étape de plus en plus prisée : la création d'un
DVD.
A savoir
Les disques durs externes se
branchent sur le port FireWire ou USB 2.0 de votre
ordinateur. Ils offrent des capacités de stockage
vertigineuses allant jusqu'à 1000 Go (Bigger Disk à
1195 euros de LaCie). De quoi archiver plus de 70 heures de
DV !
Convertir en MPeg-2 : pour réaliser
un DVD
La norme MPeg-2 a l'avantage de fournir
une définition identique au DV pour une taille de fichier deux
fois moins importante. Pour cela, le MPeg-2 réduit la quantité
et le débit d'informations à transmettre en éliminant les
redondances de l'image. Mais le MPeg-2 est surtout intéressant
pour la création d'un DVD-Vidéo. Ce support de diffusion peut
contenir jusqu'à deux heures de film lisibles sur un lecteur de
salon ou un ordinateur. Il est ainsi très facile de montrer
votre chef-d'oeuvre chez des amis sans emporter le caméscope
avec vous.
La création d'un DVD est souvent
proposée dans les options de sortie des logiciels de montage.
Certains proposent même la création de menus interactifs avec
des chapitres. Lorsque le montage est terminé, vous élaborez
l'interface du menu en incrustant des titres, un fond d'écran et
des boutons animés. Le logiciel se chargera juste avant la
gravure de compresser tout le film en MPeg-2. Votre ordinateur
devra évidemment posséder un graveur de DVD.
A savoir
Il ne suffit pas de graver un
fichier MPeg-2 sur un DVD pour faire un DVD-Vidéo. Toute une
arborescence est requise pour qu'un DVD-Vidéo soit reconnu
comme tel. Autre intérêt : le MPeg-2 n'est pas une norme
figée. Vous pouvez modifier le débit dans les paramètres de
compression pour accroître la qualité d'image. Mais
attention : plus l'image est de qualité et plus le fichier
final aura une taille importante.
Exporter en MPeg-1 : pour créer un
CD
Plus ancien que le MPeg-2, le format
MPeg-1 présente une image moins précise à cause d'un taux de
compression plus fort. Mais cela lui donne l'avantage de diviser
par quatre le poids d'un fichier DV. Il s'avère donc idéal pour
la création d'un Vidéo CD qui offre une heure de film avec une
qualité d'image proche d'un VHS. Autre avantage, le VCD est
lisible sur la plupart des platines DVD de salon et sur les
ordinateurs.
Pour réaliser un VCD, il fallait
autrefois convertir son film en MPeg-1, puis créer une
arborescence complexe de fichiers avec un logiciel de gravure
comme Nero. Aujourd'hui, la manoeuvre est plus simple. Les
logiciels de montage qui proposent la création d'un DVD
intègrent également la création d'un VCD (Ulead Video-Studio 8,
Pinnacle Studio 9). C'est une solution intéressante pour ceux
qui n'ont pas de graveur de DVD, mais souhaitent visionner leurs
films sur leur lecteur DVD de salon et bénéficier d'un menu
interactif.
A savoir
le Super Vidéo CD (SVCD) est un
autre format de diffusion basé sur un CD, mais qui utilise
le MPeg-2 dans une définition moindre que celle du DVD
(480 x 576 pixels). Le SVCD offre trente minutes
d'enregistrement, est lisible sur certaines platines DVD
récentes et peut contenir un menu interactif.
Le MPeg-1 est le format de compression
dédié au Vidéo CD. Une solution pour tous ceux qui n'ont pas
de graveur de DVD ou qui ne souhaitent pas gâcher un DVD
pour une heure de film.
Utiliser des codecs : pour diffuser
sur Internet
La diffusion vidéo sur Internet
présente quelques contraintes. Elle suppose non seulement un
fichier de faible taille, mais aussi une connexion haut-débit
pour la mettre en ligne et la télécharger. L'enjeu est d'obtenir
un fichier vidéo avec un bon rapport taille/qualité. Pour cela,
vous devez dénicher un encodeur capable de compresser le fichier
natif au maximum tout en conservant une qualité d'image
respectable, ce qui relève du casse-tête !
Nous n'allons pas énumérer tous les
codecs de la planète, même si certains comme Cinepack, H264 et
Sorenson ont fait leur preuve, mais seulement vous donner
quelques tuyaux. Quel qu'il soit, le codec (codeur décodeur)
vous demandera toujours de spécifier les mêmes critères :
définition, nombre d'images et connexion.
Pour la définition d'image, choisissez
de préférence 320 x 240 pixels ; pour la cadence, optez pour
15 images/seconde, et pour la connexion 512 Kbit/s est un bon
débit si votre entourage possède une connexion ADSL. Évitez de
vous lancer dans l'aventure si votre connexion Internet se
limite au 56 Kbit/s car cela implique des dizaines de minutes de
téléchargement pour un malheureux fichier de 2 Mo.
Pour les formats, le MPeg-4 est
particulièrement adapté grâce à sa souplesse de compression
offrant des fichiers de taille réduite de bonne qualité. À
savoir : nous recommandons l'encodeur Windows Media 9 qui est
téléchargeable gratuitement sur le site de
www.microsoft.fr . À la
fois simple, complet et très performant, son assistant vous
guide étape par étape pour créer un fichier vidéo pour le web,
ou même diffuser en direct avec votre caméscope. Vous pourrez
ainsi convertir une vidéo de 400 Mo en un fichier de 4 Mo.
Le DivX, pour quoi faire ?
Très à la mode, le DivX n'est pas
le Saint-Graal de la vidéo ! Son principal intérêt est son
rapport de compression permettant la copie intégrale d'un
DVD vidéo sur un simple CD. Son créateur français, Jérôme
Rota, ambitionne d'ailleurs d'introduire une puce DivX dans
les enregistreurs de salon pour enregistrer des émissions
télévisées en temps réel sur un simple CD-Rom.
Mais pour la diffusion de films
amateurs, le DivX n'est pas plus attractif que le MPeg-4 ou
le MPeg-1 qui offrent un rapport qualité/compression tout à
fait similaire. De plus, le DivX nécessite une machine
puissante pour assurer une lecture fluide sans blocage ou
saccade du film.
Transférer son film DV directement sur DVD
Si l'ordinateur vous semble trop
compliqué pour compresser les films issus d'un caméscope, il
existe des enregistreurs DVD de salon équipés d'entrée DV :
ils permettent de transférer directement toute votre
cassette sur un DVD qui sera reconnu sur n'importe quel
lecteur. C'est le cas du Pioneer DVR-320 (600 euros) qui
possède une entrée DV.