L'iSCSI démocratise le SAN
Réponse aux contraintes budgétaires des PME-PMI, l'iSCSI permet la mise en place de réseaux de stockage à moindre coût. Les services à valeur ajoutée sont comparables à ceux proposés sur le Fibre Channel.

Alain Lavenir , Décision Distribution, le 19/08/2004 à 07h00

« Le protocole iSCSI constitue la solution idéale pour les PME-PMI qui souhaitent se doter d'un SAN mais n'ont pas les moyens d'investir dans une solution Fibre Channel », affirme Laurent Schmitte, fondateur du salon Forum Stockage. À l'inverse des réseaux de stockage traditionnels qui requièrent une infrastructure dédiée, la technologie iSCSI s'appuie directement sur le réseau local d'entreprise. Une économie certaine pour les clients qui n'ont plus à assumer les frais d'un câblage supplémentaire.

 

Difficile pour l'instant d'évaluer l'impact de l'iSCI sur l'évolution future des réseaux de stockage. Les premières offres arrivent mais les marchés et les déploiements restent relativement peu nombreux. Selon les analystes, le chiffre d'affaires mondial du secteur devrait connaître une croissance annuelle moyenne de 118 % entre 2004 et 2007 pour atteindre les deux milliards de dollars en 2007. Un résultat loin d'être négligeable au regard des 7,5 milliards de dollars consacrés sur la même période aux réseaux SAN Fibre Channel. « Bien que le protocole iSCSI en soit encore aux prémices, il pourrait rapidement gagner des parts de marché au détriment des systèmes SAN et DAS traditionnels », reconnaît Ramine Porouchani, directeur technique de Network Appliance.

 

Même si les fabricants de matériel s'en défendent, la confrontation des technologies devient inévitable. Le fait que toutes les entreprises aient des problèmes de stockage les incite à regarder d'un oeil nouveau la solution alternative du iSCSI. Au tout premier rang, les PME-PMI qui, faute de moyens financiers, différaient jusqu'à présent la mise en place d'un réseau de stockage. Tenants inconditionnels du Fibre Channel pour leurs entrepôts de données, les grands comptes peuvent eux aussi être tentés par le coût moindre de l'iSCSI lorsqu'il faut rapatrier les informations stockées sur des sites distants.

 

Les constructeurs s'engouffrent sur le créneau

Le nombre d'offres de stockage intégrant nativement le protocole iSCSI se multiplie. La majorité des constructeurs sont sur les rangs avec en tête de file Network Appliance, qui revendique 48,4 % du revenu mondial du secteur. Cisco, pour sa part, incorpore déjà le protocole à l'ensemble de ses plates-formes, tout comme Mc Data dont la gamme Eclipse dispose conjointement de ports FC et IP. Le fabricant de bibliothèques Overland Data n'est pas en reste depuis son rachat de l'éditeur Okapi Software qui lui a apporté sur un plateau les compétences autour du iSCSI et des baies de stockage Serial ATA.

 

Le fait que Microsoft se mette de la partie et fournisse le pilote logiciel iSCSI avec Windows Server 2003 ne peut que crédibiliser le protocole émergent. « Aujourd'hui l'interopérabilité matérielle et logicielle est acquise », confirme Émeric Calabrese, ingénieur système chez Cisco qui souligne par ailleurs l'intérêt des VAR et des intégrateurs à se positionner sur un marché où les opportunités de service sont loin d'être négligeables.

 

La consolidation et l'optimisation des serveurs de stockage, la gestion des sauvegardes, la mise en place de plans de reprise d'activité en local ou à distance constituent autant de domaines où la valeur ajoutée des revendeurs peut s'exprimer. À l'inverse de la plupart des technologies, le déploiement de solutions iSCSI n'exige pas de compétences particulières. Avantage supplémentaire, mais pour le client celui-là, le coût d'installation reste minime. Un réseau Gigabitet un serveur puissant suffisent. Le remplacement de la carte Ethernet par une version iSCSI permet par ailleurs d'alléger la charge du processeur. Des performances qui répondent pleinement aux attentes des PME-PMI en matière de stockage.

 

Subsiste le problème de la sensibilisation des utilisateurs et des revendeurs pour lesquels le SAN demeure synonyme de Fibre Channel. À cet effet, les fabricants comme Adaptec proposent des formations gratuites, voire des tarifs préférentiels sur les produits de démonstration. Adic, pour sa part, annonce pour la rentrée des actions spécifiques en direction de ses VAR. L'arrivée prochaine des baies de disques SAS nativement iSCSI ne peut que dynamiser le marché.

 

Les compétences requises

Maîtriser les réseaux et le stockage suffit pour pouvoir proposer des prestations autour de la sauvegarde ou de l'archivage.

Apprendre à argumenter sur les bénéfices de la solution et non plus sur la technologie permet de répondre aux attentes réelles du client et de le fidéliser.

Bien connaître les catalogues des constructeurs aide à choisir le type de cartes HBA à installer sur les serveurs et les boîtiers pour la conversion de protocoles.

Avoir des compétences en définition d'architecture permet d'optimiser l'infrastructure de stockage et d'installer une politique de PRA.


 
L'argumentaire

Des coûts de déploiement divisés par quatre par rapport aux solutions SAN traditionnelles, et ce malgré la baisse de prix des produits Fibre Channel.

La possibilité de s'appuyer sur l'architecture réseau existante, sans avoir besoin de la modifier.

Des fonctions de gestion similaires à celles utilisées en Fibre Channel qui permettent de mutualiser et d'optimiser les différentes ressources de stockage.


 
Profil de clientèle

Les PME/PMI qui veulent se doter d'une véritable architecture de stockage avec un investissement réduit.

Les grands comptes désireux de rapatrier dans leurs entrepôts de données les informations conservées dans les établissements éloignés.

Les entreprises qui travaillent dans la pré-presse ou la vidéo voient dans l'iSCSI un bon rapport performances/prix.