Micro Hebdo : Bonjour Athlon 64 et
merci de nous accorder quelques minutes entre deux battues...
car je crois que vous partez à la chasse aux virus. C'est une
nouveauté pour un processeur !
Athlon 64 :
Oui et non. Oui, car jusqu'à aujourd'hui
aucun processeur ne savait détecter un virus ; et non parce que
je suis armé pour cette chasse depuis maintenant une année, date
de ma commercialisation. Faute de munitions, je ne pouvais pas
passer à l'action.
Entendez par là que les systèmes
d'exploitation ne pouvaient pas utiliser ma nouvelle fonction.
C'est une lacune désormais comblée avec le Service Pack 2 de
Windows XP. Grâce à lui, je peux enfin sortir mes armes et
traquer les virus. Sans Service Pack 2, ou avec les versions
antérieures de Windows, cette nouvelle fonction reste totalement
inutilisable.
Comment s'appelle cette nouvelle
fonction ?
Chez les fabricants, elle est dénommée
NX, une contraction de No
eXecute . Elle symbolise la
volonté des constructeurs de processeurs d'empêcher les virus de
« s'exécuter » ; un terme emprunté aux informaticiens, synonyme
d'« effectuer une opération ».
Je sens que vous allez me dire que vous
n'avez pas vu le terme NX dans ma dernière publicité.
Effectivement, chez mon concepteur AMD, on préfère utiliser le
terme EVP ( Enhanced Virus
Protection , protection
améliorée contre les virus) plus parlant pour le public... qui
parle anglais. Vous me concéderez que le mot virus est universel
et retient plus l'attention que l'acronyme NX.
Etes-vous nombreux à utiliser
l'EVP ?
Bien entendu ! L'union fait la force !
On dénombre pas moins de quatre processeurs équipés de l'EVP :
l'Athlon 64, l'Athlon 64 Mobile, l'Athlon FX et le Sempron
Mobile. Seuls les Sempron de bureau de dernière génération
intégreront cette technologie. On pourrait aussi parler d'un
cinquième processeur, l'Opteron, mais il n'est destiné qu'à un
usage professionnel.
Quel type de virus chassez-vous ?
Pas toutes les espèces qui vivent dans
nos micros... hélas ! J'ai une aversion particulière pour les
virus de type « buffer overflow
», en réalité les seuls que j'élimine
sans pitié. C'est une tâche d'une ampleur déjà bien suffisante.
Ils étaient incriminés dans la moitié des mises à jour
d'antivirus et de pare-feu
de ces deux dernières années. Vous voyez
qu'il faut donc impérativement réguler l'espèce, ou mieux : la
faire disparaître.
Comment fonctionnent-ils et quels
dégâts peuvent-ils causer ?
Avant de répondre à cette question, je
dois vous expliquer comment fonctionne un programme. Lorsque
vous cliquez sur l'icône d'un logiciel, celui-ci démarre et
demande à Windows de lui réserver une certaine quantité de
mémoire. Celle-ci est coupée en deux parties. La première
accueille le programme et son code de fonctionnement. On appelle
cela la zone d'exécution. La seconde est normalement réservée
aux données écrites par le programme. C'est là par exemple que
Word stocke temporairement le document que vous êtes en train
d'écrire.
Vous avez remarqué que j'ai dit
« normalement » ; pourquoi ? Parce que les virus «
buffer overflow
» sont des programmes qui s'immiscent
dans la zone réservée au stockage des données. Tapis dans
l'ombre, ils attendent le moment opportun pour démarrer. A
partir de ce moment-là, ils peuvent faire pratiquement ce qu'ils
veulent de votre ordinateur. Certains restent très discrets et
se contentent d'espionner votre micro et vos habitudes, parfois
à des fins commerciales.
C'est là que vous entrez en jeu ?
En fait, je commence mon travail de
protection bien avant cela... dès le démarrage du programme
infecté. A ce moment-là, Windows alloue la mémoire exécutable et
la mémoire de stockage sous forme de pages. De mon côté, je note
dans un tableau les numéros de celles exclusivement attribuées
au stockage. Ainsi, chaque fois qu'un programme tente de
démarrer, je peux contrôler sa position dans la mémoire et
savoir s'il est bien contenu dans une zone réservée à
l'exécution.
Dans le cas contraire, j'envoie un
signal d'alerte à Windows pour lui indiquer qu'un programme
tente de s'exécuter dans une partie interdite de la mémoire et
je le bloque. De son côté, Windows interrompt le programme
atteint par le virus et envoie un message d'erreur dans une
fenêtre intitulée Prévention de
l'exécution des données avant
d'effacer la mémoire infectée.
Vous ne commettez jamais d'erreur ?
On m'accuse parfois de tirer à vue,
mais c'est parfaitement faux. Il faut savoir que certains
programmes, mal écrits par leurs développeurs, ont un
comportement étrange qui les pousse à s'exécuter dans cette
fameuse mémoire réservée aux données. Je ne peux pas alors les
distinguer des virus et je les bloque comme tels. Il faut voir
le bon côté des choses ; cela incite désormais les développeurs
à mieux écrire leurs programmes.
Windows n'est pas capable
d'effectuer ce travail tout seul, sans votre aide ?
Si, bien sûr, mais le fait que je me
charge de cette tâche présente deux avantages, et non des
moindres. Tout d'abord je suis une solution dite matérielle.
C'est-à-dire que, contrairement à un logiciel, mon
fonctionnement ne peut pas être altéré ou contourné par un
virus. C'est une sécurité supplémentaire.
Ensuite, une protection par logiciel
demande du temps de calcul au processeur qui doit vérifier sans
cesse si la demande d'accès à la mémoire est autorisée. Il est
alors moins disponible pour faire fonctionner les programmes.
Moi, je laisse mon unité de calcul entièrement au service des
logiciels pendant que mon EVP chasse les virus. En fin de
compte, je suis plus rapide et plus sûr.