Comment ça marche : le vrai poids des kilo-octets
Nous l'avons tous constaté, la capacité annoncée des disques
durs est loin d'être gravée dans le marbre. Mais où sont donc
passés les précieux gigaoctets qui nous ont été vendus ?
Frédéric Métailié ,
Micro Hebdo,
le 11/10/2004 à 07h00
On achète un disque dur de 80 Go et voilà
qu'on se retrouve avec une capacité de stockage de 78 ou 76 Go,
voire moins... Mais avant de se lancer dans la quête des octets
perdus sur ce disque dur, il nous faut préciser que toutes les
explications qui suivent sont aussi valables pour tous les
supports informatiques : disques durs bien sûr, mais aussi CD,
DVD, cartes mémoires, disquettes, etc.
Tous ces médias enregistrent une foule
d'informations sous forme numérique, c'est-à-dire une suite de 0
et de 1 : les bits. Huit bits forment un octet (ou Byte en
anglais). Il ne faut donc pas confondre le Byte avec le bit,
huit fois moins volumineux. Ce qui est à l'origine d'une
première confusion puisque, de même qu'il faut huit bits pour
obtenir un octet, il faut 80 Mbits (mégabits) pour faire 10 Mo
(mégaoctets) ou MB (pour MegaBytes).
Toujours est-il que, quelle que soit
l'unité utilisée, les chiffres des unités de stockage actuelles
deviennent astronomiques. Pour les raccourcir, on a utilisé des
préfixes comme kilo et méga, et maintenant giga et même téra.
Mais, dans la vie courante, un homme pesant 70 000 grammes fait
bien 70 kilogrammes alors qu'en informatique un disque de 80
gigaoctets ne pèse pas forcément 80 milliards d'octets.
Pourquoi ? Parce qu'en réalité, il faut 1 024 octets pour faire
un kilo-octet (Ko), puis 1 024 Ko pour faire 1 mégaoctet (Mo) et
puis 1 024 Mo pour faire un gigaoctet (Go). Un écart d'environ
7,3 % sépare le chiffre arrondi de la réalité. Ce qui peut être
négligeable quand on compte en Ko mais l'est moins en Go, voire
en To. Il va sans dire que les constructeurs utilisent celui qui
permet d'annoncer les plus gros stockages sur l'emballage des
produits.
Un formatage castrateur
Sorti de l'emballage, le disque dur
doit être formaté pour pouvoir être utilisable. Ce passage
obligé aussi lui fait perdre de sa capacité. Le formatage
consiste en un découpage de la surface du disque en une
multitude de zones élémentaires (les clusters). Une autre partie
du disque est réservée au système d'adressage des fichiers :
elle contient les informations sur leur localisation à la
surface du disque, et n'est donc pas comptabilisable comme
espace libre du disque dur après formatage. Sa taille se réduit
donc d'autant.
C'est la somme des clusters qui donne
donc la capacité réellement utilisable pour le stockage de
fichiers. Pour l'exemple, nous avons utilisé un disque de 30 Go
que nous avons découpé puis formaté en quatre
partitions
. Il nous restait au final 27,93 Go
d'espace utilisable... Ce n'est pas pour autant que l'on peut y
mettre 27,93 Go de données. En effet, chaque fichier dont la
taille est inférieure à celle d'un cluster en occupera un
entier. De même, un fichier d'une taille supérieure occupera
autant de clusters que nécessaire, et le dernier, même à peine
utilisé, lui sera entièrement réservé. C'est un peu comme le
principe de la minute indivisible quand vous téléphonez : là,
chaque cluster entamé est dû.
Méfiez-vous des partitions cachées
Autre cas classique de disparition de
capacité de stockage : vous achetez un PC complet chez un grand
constructeur et, ô surprise, le disque dur ne donne pas les
80 Go annoncés, même en tenant compte des pertes dues au
formatage. Il vous manque encore alors généralement de 2 à 4 Go.
Toutes ces pertes ajoutées bout à bout, cela commence à faire
beaucoup ! Les grands fabricants rogneraient-ils les capacités
des disques durs pour faire des économies d'échelle ? Pas du
tout !
En fait, cette fois-ci, c'est la
présence d'une partition cachée qui est en cause. La partition
de restauration en question permet de récupérer le système
d'exploitation tel qu'il était au moment de l'achat de
l'ordinateur. Certains constructeurs vous proposent de
sauvegarder vous-même les données de la partition de
restauration en gravant son contenu sur un ou plusieurs CD.
Sinon, il est toujours possible de la faire apparaître et de la
supprimer, avec les risques que cela comporte ! Des outils comme
Partition Magic
sont alors indispensables pour procéder à
l'affichage et à la suppression. Mais, en cas de problème, il
faudra réinstaller Windows, puis ses pilotes, et enfin les
logiciels... si ces programmes sont disponibles ailleurs que
dans la partition de restauration. Un point à vérifier avant
tout effacement inconsidéré !
Des fichiers cachés bien présents
En additionnant la taille de tous les
fichiers visibles dans l'explorateur de Windows, on n'obtient
pas la capacité occupée sur le disque dur. De l'espace de
stockage a donc encore disparu. Mais où ? Tout simplement dans
les fichiers cachés. Ce sont des fichiers système très sensibles
qui n'apparaissent pas dans le Poste de travail. Ainsi personne
ne risque d'altérer le bon fonctionnement de Windows. Si ces
fichiers ne sont généralement pas très gros, deux font
exception : le fichier d'échange temporaire et le fichier
d'hibernation. Le premier sert à compenser un manque de mémoire
de l'ordinateur. Windows utilise alors une partie du disque dur
pour stocker des informations dans une sorte de mémoire
virtuelle, amputant d'autant son espace libre. Il est
déconseillé de désactiver cette fonction, au risque de voir les
performances s'effondrer et certains logiciels ne plus
fonctionner.
Quant au fichier d'hibernation (
hiberfil. sys
), il recueille le contenu des barrettes
de mémoire au moment d'une mise en veille prolongée. La taille
de ce fichier est donc égale à la capacité des barrettes mémoire
de l'ordinateur : communément 128 à 512 Mo. Pour récupérer cet
espace, il suffit de désactiver la
mise en veille prolongée
dans la fenêtre des options
d'alimentation accessibles dans
le Panneau de configuration
.
Du temporaire qui dure
Les fichiers temporaires créés ici ou
là sont aussi une source de perte de place sur un disque dur. La
quasi-totalité des logiciels en produit pendant leur
fonctionnement mais tous ne laissent pas l'endroit aussi net
qu'il l'était en entrant. Ce sont sans aucun doute les
navigateurs Internet comme
Internet Explorer qui sont les
plus grands producteurs de temporaire. Chaque fois que l'on se
connecte à Internet et que l'on surfe, le contenu des pages
visitées est stocké sur le disque dur dans un dossier
Temporary Internet Files
de Windows. Ce fichier est caché par le
système et se remplit régulièrement, pouvant occuper jusqu'à 5
ou 10 % du disque dur. Heureusement, il est facile de le purger
en passant par la commande
Options du menu
Outils d'Internet Explorer
. Dans la boîte de dialogue qui s'affiche
il suffit de cliquer sur le bouton
Supprimer les fichiers de la
zone Fichiers Internet
temporaires
Vieux PC, mauvaise vue !
Sur un PC vieillissant, vous
installez un disque dur de 80 Go. Vous êtes ravi... jusqu'à
l'allumage du micro qui provoque une de vos plus grandes
frayeurs informatiques. Vous êtes l'heureux propriétaire
de... 2 Go !
Explication : son contrôleur de
disque dur n'avait pas été conçu pour prendre en compte les
contenances actuelles. Pour résoudre ce problème, on peut
mettre à jour le Bios
du PC grâce aux informations
disponibles sur le site Internet de son constructeur ou de
celui de la carte mère.
Une autre solution consiste à
installer un nouveau contrôleur de disque sur un connecteur
PCI libre. Mais avant d'investir dans un tel disque sur un
si vieux micro, il est peut-être préférable de penser à
changer de machine !
Qu'est-ce que c'est ?
Bios
Basic Input Output System

Ce programme se lance au démarrage du
PC. Il fait le lien entre le système d'exploitation et les
sous-ensembles (disque dur, mémoire, etc.). Il gère les
paramètres techniques de votre configuration. Sa
modification au démarrage est réservée aux utilisateurs
avertis !
Partitions
Fractions d'un disque dur. Chaque
partie est reconnue par le PC comme disque dur indépendant
et représentée par une icône différente.
|
|